Chimie antistress

Souris-47OI19-sans-cadreLa kétamine, dont le mode d’action s’apparente à celui de Métaquine®, fait à nouveau parler d’elle. Il y a quelques mois, des chercheurs américains ont démontré que la kétamine pouvait combattre le stress avec une efficacité spectaculaire. Un effet que Métaquine® (le roman) avait anticipé avec force détails…

Nouvelles vertus

L’article précédent paru sur ce blog le 26 mars (« Métaquine et kétamine : mêmes pouvoirs, mêmes espoirs ?« ) soulignait que le mot kétamine était le presque anagramme de Métaquine et la molécule qu’il désigne, un véritable couteau suisse neurochimique. Utilisée depuis longtemps comme anesthésique général, la substance a démontré récemment qu’elle pouvait restaurer l’effet des opiacés chez les cancéreux devenus insensibles aux analgésiques et venir à bout de dépressions tenaces. Les amateurs de drogues récréatives exploitent ses effets hallucinogènes. On lui reconnaît aussi des propriétés dissociatives, qui produisent sur le cerveau la sensation de quitter son propre corps, à l’instar des sujets vivant une expérience de mort imminente (NDE). Voici que le psychotrope fait à nouveau parler de lui dans la littérature scientifique : selon un article paru en 2015, la kétamine serait un antidote du stress.

Remède contre le surmenage

Sous la direction de Rebecca A. Brachman, une équipe de chercheurs en neurosciences américains vient de découvrir au produit une vertu supplémentaire. Injectée à des souris que des conditions de stress chronique avaient rendues apathiques, la kétamine a restauré chez elles la capacité de réagir au danger. Mieux, les animaux ont affronté de nouvelles situations oppressantes avec détermination et efficacité, alors qu’ils n’étaient plus capables d’y faire face avant l’administration du psychotrope.

Biological Psychiatry Ketamine antistress 1

L’application de cette propriété à l’être humain fait déjà débat parmi les spécialistes. Certains contestent l’utilité d’un médicament qui supprimerait le stress, celui-ci étant le plus souvent un facteur de stimulation positif. Des psychiatres militaires y voient au contraire un espoir de d’accroître la résistance psychique des soldats ou des sauveteurs exposés à des tensions extrêmes. D’autres projettent déjà de prescrire de la kétamine pour alléger la souffrance morale des sujets atteints de maladies graves ou, plus généralement, qui traversent des épreuves difficiles. On discute même de son emploi chez les adolescents présentant des symptômes annonciateurs de schizophrénie. On le voit, la kétamine n’a pas dit son dernier mot.

Prémonition romanesque

Arrêtons-nous sur l’effet anti-stress du médicament. Dans un chapitre rédigé bien avant la publication des travaux américains, Métaquine® (le roman) attribuait le même pouvoir à la molécule éponyme. Mieux, l’expérience sur les souris qui a permis cette découverte était décrite presque textuellement dans la fiction.

souris-M6ELTÀ chaque fois, la Métaquine a contourné l’obstacle en rééquilibrant les fonctions perturbées. Les souris artificiellement déprimées ont retrouvé leur tonus. Celles qu’on avait rendues anxieuses se sont calmées. Et les animaux du dernier lot, dont on avait court-circuité le réflexe de fuite devant le danger, décampaient à nouveau aussitôt qu’elles détectaient une menace, comme des sujets standards. »

Métaquine®, Curtis 4

On ne peut que s’étonner de la coïncidence. Il serait toutefois injuste d’accuser le produit-phare de GlobantisPharma de s’approprier les vertus découvertes à la kétamine, substance dûment inscrite au registre des pharmacologues, puisque les travaux de Rebecca Brachman et son équipe n’ont été publiés qu’en mai 2015, soit près de 2 ans après que les extraits qui figurent ici soient parvenus à l’Atalante dans une première version du livre. Quant au dessin qui les illustre, il date de janvier 2015, donc précède lui aussi la parution de l’étude américaine.

Finalement, peu importe qui, de la réalité ou de la fiction, a inventé une nouvelle drogue anti-stress. Espérons seulement que la kétamine, dont la carrière semble aujourd’hui rebondir comme celle de la Métaquine, ne poussera pas ses promoteurs aux mêmes excès et ses usagers, vers le même gouffre.

Souris-47OI19Mais il y a encore plus surprenant. Des chercheurs de Globantis ont effectué des tests sur des souris […] pour être sûr que la Métaquine agissait sur des parties distinctes du cerveau. Certains animaux étaient rendus artificiellement apathiques. D’autres anxieux. D’autres encore étaient privés du réflexe de fuite.— […] N’en dis pas plus, je devine la suite. La Métaquine a miraculeusement guéri tous les symptômes induits. Les taux de transmetteurs sont remontés. Catécholamines, GABA, sérotonine, tout le tintouin est revenu dans la norme. Je suis même prête à parier qu’avant d’être disséquées, les cervelles de ces pauvres bêtes avaient compensé leurs déficiences en créant de nouveaux circuits.

— Vous connaissiez donc cette étude ?

— Non, mais je te voyais venir. […] Ton message est clair. Tu essayes de me convaincre que la Métaquine peut se substituer à toute la biochimie qui circule entre les synapses. Amines, endorphines, acides aminés, la panoplie entière serait commutable en un seul outil. Un neurotrope multifonctions, un couteau suisse moléculaire. Navré, je ne gobe pas ta pilule. Une substance protéiforme, capable de s’adapter à tous les récepteurs que contient le cerveau, ça n’existe pas. Ni dans la nature, ni en éprouvette. »

Métaquine, Sophie 8

 

2 Responses

  1. chauvin dit :

    Je souffre d’une maladie dite rare et ORPHELINE, où le stress qu’il soit psychologique et/ou physiologique (Hans Selye ne faisait pas la différence !) aggrave tous les symptômes ; cette maladie plante tous les médecins depuis des années et je sais que des malades font à l’hôpital des cures de Kétamine et s’en trouvent mieux . Mais la kétamine a t-elle été testée sur les fameux rats de Laborit dans leurs cages électrifiées aléatoirement (donc ne pouvant plus s’adapter !) ? Pour ce qui est de la METAQUINE vous me faites penser aux premières expériences de Hoffman avec le LSD . Je ne crois pas à la psychiatrie qui est a-scientifique , je crois à la neurobiologie et aux neurosciences qui sont en train d’éclore tout doucement . On s’est même aperçu qu’il servait à rien de chercher à augmenter tel ou tel neurotransmetteur car le cerveau va automatiquement « contrebalancer » pour rétablir l’homéostasie de sa neurocrinie ! Le Professeur de psychiatrie Zarifian (  » les jardiniers de la folie  » ) ne donnait aucun médicament ! Et Laborit qui a inventé le tout premier psychotrope (chlorpromazine), a rendu les  » asiles  » beaucoup plus calmes mais c’est tout…. Il fait d’ailleurs l’éloge de la fuite après avoir cru pendant longtemps avoir trouvé une cause psychosomatique à toutes les maladies ! Je ne peux m’empêcher de penser au film LUCY qui et c’est dommage brûle les étapes … mais encore plus au film  » au delà du réel  » où le héros qui s’enferme dans un caisson d’isolation sensoriel après avoir pris du LSD , se retrouve au stade ultime de la cellule primitive ! En tous cas vous m’intéressez beaucoup . Enfin de l’anticipation ! J’ai même un jour expliqué, qu’on avait réussi dans un accélérateur a faire en sorte à ce qu’une particule x soit à un moment t à deux endroits en même temps ! On m’a pris pour un doux dingue ou pas compris ce que représentait une telle réussite ! Oui l’enfant hyperactif prête à caution tout comme la bible des psychiatres le DSM V , qui achève le ridicule ! Je connais une personne avec des rituels et des T.O.C. extrêmement invalidants qui a été complètement guérie par une stimulation électrique permanente dans une zone de son cerveau et ce n’est pas de la science-fiction ! J’arrête là cette première prise de contact . livre ou E-Book je suis hélas coincé car sous curatelle et sans CB . Mais il y a déjà beaucoup à lire sur votre site très bien fait . En espérant avoir titillé un tant soit peu votre curiosité. Sachez que vous avez grandement éveillé la mienne !

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